L'ancien gouverneur de la province démembrée du Katanga (sud-est de la République démocratique du Congo), Moïse Katumbi Chapwe, un ex-membre du parti présidentiel, a annoncé dimanche son ralliement à l'opposition politique, à moins d'un an d'une élection présidentielle incertaine en RDC.

Il a cependant précisé au cours d'une conférence de presse à Lubumbashi, la deuxième ville du pays, qu'il n'a rejoint aucune formation politique et n'a pas créé de parti politique, a précisé la radio onusienne Okapi.

M. Katumbi, un riche homme d'affaires très populaire dans sa province - divisée à la hâte en quatre entités, ce qui a entraîné sa démission - a cependant affirmé appartenir au "Front citoyen 2016". Cette plate-forme récemment créée regroupe des Congolais de la diaspora, des membres des organisations de la société civile, des confessions religieuses, des organisations politiques de l'opposition ainsi que des personnalités politiques qui militent pour le strict respect de la Constitution.

Celle-ci interdit au président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se représenter pour un troisième mandat lors de la présidentielle en principe prévue le 27 novembre prochain.

L'opposition soupçonne M. Kabila de manœuvrer pour retarder les élections et ainsi se maintenir au pouvoir au delà de la fin de son second quinquennat, qui expire le 19 décembre.

"L'objectif du Front citoyen est d'abord d'insister sur les élections provinciales de 2016 et l'élection présidentielle de 2016 en respectant les délais constitutionnels et avoir le calendrier (électoral) le plus vite possible", a expliqué dimanche M. Katumbi.

Invalidation du calendrier électoral
Un calendrier publié début 2015 par la Commission électorale nationale indépendante (Céni) prévoyait l'organisation de sept scrutins qui devait débuter par des élections locales le 25 octobre 2015 et culminer par une présidentielle et des législatives le 27 novembre 2016. Mais depuis septembre, l'incertitude règne sur la tenue de tous ces scrutins après l'invalidation du calendrier électoral par la Cour constitutionnelle.

L'ancien gouverneur du Katanga, jadis allié du chef de l'Etat congolais, a quitté le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD, la formation de M. Kabila) en septembre dernier.

Il a affirmé devant la presse que des pourparlers étaient en cours pour avoir un candidat unique de l'opposition à la prochaine présidentielle.

"J'ai rencontré Félix Tshisekedi (le fils d'Etienne Tshisekedi, le président du principal parti d'opposition, l'Union pour la Démocratie et le Progrès social, l'UDPS). J'ai rencontré beaucoup de personnes. J'ai aussi rencontré beaucoup d'opposants au niveau de la province du Katanga. Nous sommes en pourparlers pour avoir un candidat de l'opposition", a-t-il expliqué, selon Radio Okapi, parrainée par l'ONU.

Au sujet de l'identité de ce candidat, M. Katumbi a dit que l'opposition allait se décider.

"Ce n'est pas à moi de décider qui peut être le candidat de l'opposition. Au moment venu, l'opposition va elle-même proclamer son candidat", a précisé celui qui est également propriétaire du club de football lushois TP (Tout Puissant) Mazembe.